Manoirs
Entre la ferme et le château
Le manoir est la demeure du seigneur local plutôt que celle d'un grand feudataire : une maison de campagne seigneuriale, souvent au centre d'un domaine agricole qu'elle administrait. D'où son ambiguïté visuelle — elle emprunte au château sa tourelle, son portail et parfois son colombier, sans en avoir jamais eu la fonction militaire.
Comment le reconnaître
Un corps de logis rectangulaire de deux niveaux, une tourelle d'escalier hors-œuvre — souvent polygonale — engagée dans la façade, des encadrements de pierre de taille sur un appareil plus modeste, une grande cheminée par pièce principale. Le tout se lit comme une maison de qualité et non comme une place forte : les fenêtres sont trop nombreuses et trop larges pour une défense sérieuse.
Le manoir régional
Le mot couvre des bâtiments très différents selon la pierre disponible. En Normandie, le colombage et le torchis sur soubassement de silex ; en Bretagne, le granit et l'ardoise ; en Gascogne, la brique foraine et le galet de rivière avec encadrements de pierre. Un manoir se juge donc localement : la comparaison utile est avec ses voisins, pas avec un manoir situé à trois cents kilomètres.
Ce qu'il faut regarder
Les manoirs ont souvent traversé des siècles d'usage agricole, ce qui est une bonne nouvelle pour la structure et une moins bonne pour les aménagements. Les points à vérifier sont la charpente et la couverture, l'humidité ascensionnelle dans des murs sans coupure de capillarité, l'état des menuiseries anciennes et la capacité électrique. Le diagnostic obligatoire français ne couvre ni la structure ni l'humidité : une étude indépendante est à envisager.